Article publié le : 23 juin 2020

Éditorial de la présidente du Conseil consultatif sur la formation infirmière du SIDIIEF

Haute École Léonard de Vinci

Le grand confinement est l’expression qui restera sans doute pour marquer la période historique que nous vivons actuellement et qui nous bouscule toutes et tous à des degrés divers. Pour le domaine de la formation, le confinement signifie d’apprendre et d’enseigner à distance. Il signifie également de prendre des décisions quant aux ajustements de programmes, par exemple pour que les étudiantes et les étudiants1, sur le point de diplômer, rejoignent plus rapidement leurs collègues des milieux de santé. L’interdépendance des milieux académiques et cliniques parait plus que jamais évidente et la formation en sciences infirmières représente en contexte de pandémie, un service essentiel (ACÉSI, 2020)!

Les étudiantes se souviendront de passer des heures devant un écran pour accéder aux connaissances à apprendre, pour réaliser des activités d’apprentissage et d’évaluation, et pour échanger avec les autres étudiantes de leur groupe. Elles sont nombreuses à souligner que, le plus difficile en ce moment, même pour les plus habiles technologiquement, est de créer une relation véritable avec leurs enseignantes; cette relation leur parait primordiale pour se développer comme professionnelles de la santé. Ces mêmes étudiantes se souviendront également d’avoir été interpellées pour aller porter main-forte au réseau de la santé de leur pays.

Plusieurs milieux de formation, dont les Hautes écoles de santé de la HES-SO (Suisse), ont souligné l’importance pour les finissantes de terminer leur dernier trimestre de formation, afin qu’elles s’engagent dans la pratique infirmière, en ayant suffisamment développé leurs compétences cliniques. Du même souffle, ces milieux ont raccourci le trimestre tout en maintenant la qualité et les exigences de la formation, afin de rendre rapidement disponibles ces nouvelles diplômées dans les milieux de santé. Nombreux sont les exemples d’une telle agilité de la part des milieux de formation. Nous relatons plus bas deux situations qui soulignent, à grands traits, la collaboration et l’interdépendance des milieux académiques et cliniques.

Par ailleurs, afin de ne pas interrompre la progression des études dans les programmes de formation, les enseignantes en sciences infirmières se sont affairées, au cours des derniers mois, à maximiser les plateformes numériques d’enseignement et les formations existantes en ligne; elles ont fait preuve de grande créativité pour assurer l’accessibilité et la qualité des expériences d’apprentissage. Des facultés et écoles de sciences infirmières rendent disponibles de telles idées innovantes à titre de suggestions. L’automne approche et la reprise des cours se fera essentiellement à distance dans de nombreuses universités et hautes écoles. Il est à prévoir non seulement que l’enseignement à distance s’implantera solidement requérant, des infirmières, une solide littératie digitale (Nagle, Kleib et Furlong, 2020), mais également que cet enseignement favorisera l’accélération des échanges internationaux en sciences infirmières.

La littératie digitale, désormais incontournable

Fondation La Source

Il appert qu’un nouveau rapport interuniversitaire et international vient d’être publié sous le titre : « L’université innovante : renouveler le rôle des universités dans l’écosystème de l‘innovation numérique et de l’intelligence artificielle », sous la direction de l’Université de Montréal (Québec, Canada) (2020). Douze autres établissements universitaires, dont l’Université de Bordeaux et Aix-Marseille Université en France, pour ne nommer que celles-là, ont participé à la rédaction. Trois recommandations portent spécifiquement sur la transformation de la formation : collaboration interuniversitaire pour favoriser la littératie digitale, enseignement de l’éthique et des sciences humaines et sociales pour un développement responsable de l’intelligence artificielle, ainsi que promotion de l’équité et de la diversité. Il importe que les sciences infirmières soient aux premières loges de cette transformation.

La pandémie nous rappelle aussi qu’il importe que les sciences infirmières reviennent aux premières loges de la santé publique et que les nouvelles diplômées soient prêtes à assumer un leadership à tout moment pour prévenir et participer pleinement à la gestion des crises sanitaires. Celle de la COVID-19 n’est pas la première et elle ne sera pas la dernière. Quelle place donnons-nous au sein de nos programmes de formation aux connaissances en santé publique, à la prévention et au contrôle des infections dans divers milieux de vie? Comment honorons-nous les premières définitions de la discipline infirmière dans nos divers pays de la francophonie?

La qualité de la formation en tout temps

Dans ce contexte de pandémie, la qualité de la formation reste donc cruciale. Dans ce sens, l’organisme canadien d’agrément des programmes de formation en sciences infirmières (ACÉSI 2020a) a publié un énoncé de position stipulant qu’il « acceptera des changements de programme documentés et novateurs qui permettront aux étudiantes d’éviter les retards dans l’obtention de leur diplôme et d’ainsi répondre aux besoins en matière de prestation de services de santé pendant la pandémie de COVID-19 ». Il énonce également des priorités pour faire face aux défis de santé dans ce contexte. Les priorités portent sur la qualité de la formation en sciences infirmières, le soutien à la transition des nouvelles diplômées en sciences infirmières et la disponibilité de l’équipement de protection individuelle pour les étudiantes et les nouvelles diplômées.

Références

  • Association canadienne des écoles de sciences infirmières (ACESI) (2020). Formation en sciences infirmières lors de la pandémie de COVID-19. Repéré à https://www.casn.ca/wp-content/uploads/2020/03/covid-19-position-statement_fr.pdf
  • Haute École Spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO) (2020). Covid-19 : La HES-SO favorise la diplomation des étudiant – es en soins infirmiers. Repéré à https://www.hes-so.ch/fr/covid-19-hes-so-favorise-diplomation-etudiant-es-16540.html
  • Nagle, L., Kleib, M., Furlong, K. (2020). Digital Health in Canadian Schools of Nursing Part A: Nurse Educators’ Perspectives [L’intégration de la santé numérique dans les écoles de sciences infirmières au Canada, partie A : la perspective des infirmières enseignantes]. « Quality Advancement in Nursing Education »- Avancées en formation infirmière, Vol. 6: Iss. 1, Article 4. DOI: https://doi.org/10.17483/2368-6669.1229
  • Université de Montréal et 12 autres U7+ université sous la direction de Régis, C., Denis, J.-L. (2020). The Innovative University : Renewing the Role of Universities in the Digital Innovation and Artificial Intelligence Ecosystem [L’université innovante: renouveler le rôle des universités dans l’écosystème de l’innovation numérique et de l’intelligence artificielle].

 

  1.  Le féminin sera utilisé pour le reste du texte pour signifier toutes les infirmières et tous les infirmiers, dans le seul but d’alléger le texte et d’en faciliter la lecture.

 

 

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1 réponse
  1. Avatar
    Marie José dit :

    Merci, pour ce rappel en lien avec notre profession. C’est vraiment encourageant. Nous tenons bon. Rien ne nous échappe. Je suis dans la formation chargée des apprenantes finissantes. On a continué les travaux écrits de fin d’études. Les argumentations ont lieu par petit groupe. Tout s’est bien passé.

    Répondre

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