Article publié le : 8 avril 2020

Il n’y a pas si longtemps encore, nous croyions tous être à l’abri. Le coronavirus touchait uniquement la Chine, loin, très loin de nous. Puis, en un temps record, ce virus du bout du monde est venu nous toucher, dans chacun de nos pays. La pandémie a provoqué une transformation radicale de la vie quotidienne de quelque trois milliards de personnes. Selon l’Organisation des Nations unies (ONU, plus d’un tiers de l’humanité est désormais appelée ou astreinte au confinement pour contenir la propagation du coronavirus. 

Aujourd’hui, comme une trainée de poudre, tous les pays se sont mobilisés contre la pandémie : mesures sanitaires sans précédent, confinement, fermeture des frontières, plans de sauvetage financiers; toutes les forces vives mondiales ont le même objectif : vaincre la COVID-19. Cependant, il semble que nous regardons ce but de façon individuelle (nos proches, nos maisons, nos hôpitaux, notre pays)De ce fait, nous passons à côté de l’élément-clé face à cette pandémie, nous sommes tous interconnectés. C’est l’effet papillon ! Qui aurait cru qu’une chauve-souris en Chine provoquerait une hécatombe et une récession mondiale ! Vaincre la COVID-19, oui, mais ensemble! 

 La coopération internationale pour assurer la sécurité sanitaire mondiale. 

Ce virus ne fait pas de distinction. Il a cette capacité universelle d’infecter tout le monde, quel que soit l’âge, le genre, le pays. En l’absence de traitement, nous sommes tous vulnérables.  

Dans l’attente d’un remède et avec des ressources inégales entre les pays, la seule méthode efficace est simple : la prévention. Lavage des mains et distanciation sociale deviennent les maîtres mots, nous répètent les experts mondiaux. L’appel au confinement est largement respecté par la population. En agissant ainsi, nous sauvons des vies ! Ces moyens nous apparaissent comme des méthodes simples et à la portée de tous. À la portée de tous, vraiment? 

Comme le mentionnait l’Éditorial du “Monde” du 31 mars – Vaincre la Covid-19 suppose d’aider l’Afrique  « Mais que peut signifier le confinement pour les nombreux Africains réduits à une économie de survie, obligés de gagner dans la journée, au prix de déplacements, ce qu’ils mangeront le soir même ? Si vous prenez des mesures qui affament la population, elles finiront par être bafouées sans permettre d’atteindre les objectifs », a résumé le président du Bénin, Patrice Talon. 

Alors que les pays africains étaient jusqu’à tout récemment peu touchés par le virus et pouvaient penser qu’ils seraient relativement épargnés, ils sont à présent touchés eux aussi de plein fouet. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Afrique connaît une progression rapide du nombre de cas confirmés de COVID-19, marquée par une hausse quotidienne proche de 25% ces derniers jours.

Personne ne sortira de cette crise si le virus continue de proliférer dans le monde. C’est pourquoi nous devons impérativement développer une solide coopération internationale pour assurer la sécurité sanitaire mondiale: ce qui implique de développer des stratégies communes pour remédier aux faiblesses des états et pays les plus pauvres. 

Les objectifs de développement durable prennent dès lors toute leur signification et leur pertinence. Il s’agit d’un plan de réponse humanitaire mondial destiné à combattre la maladie dans les pays les plus vulnérables et qui est intimement lié à la lutte contre le coronavirus. Nous combattons un ennemi sans foi ni loi; sans appartenance, sans frontière : il est asiatique, européen, américain ou africain. Si nous travaillons bien, tous ensemble, nous pourrons faire face à la tempête; si nous relâchons nos efforts, c’est à un tsunami que nous serons confrontés. 

La pandémie de COVID-19 est une épreuve pour l’humanité. Mais elle est aussi l’occasion de se montrer solidaire et de transformer cette crise en un élan planétaire. Un élan planétaire qui passe en premier lieu par un accès équitable à des équipements sanitaires pour tous les soignants et les malades. 

L’accès aux équipements sanitaires, une question de justice sociale 

Tous les professionnels de la santé doivent avoir l’assurance d’obtenir de l’équipement de protection personnelle au moment voulu. Mais, fait jamais vu dans l’histoire récente, la planète tout entière cherche des masques N95, des gants, des vêtements de protection, des appareils respiratoires et des trousses de dépistage en quantité astronomique et de manière urgenteLe 7 février dernier, l’OMS sonnait déjà l’alarme sur la pénurie à l’échelle planétaire d’équipements de protection 

Toutes les ressources en santé sont mobilisées pour faire face à la crisePresque tous les pays ont bien fait les choses dans la gestion de cette pandémie : prendre des mesures musclées pour assurer le confinement, réorganiser l’ensemble des soins et des servicesMais prévoir les stockspeu s’y sont préparésTous les pays commencent à avoir des niveaux très bas d’équipements dans les hôpitaux et les décideurs semblent incapables de confirmer s’ils pourront en fournir à court terme. Le monde entier se bat et veut le même équipement. La pénurie est mondiale. Comme dans un western du Far West, aujourd’hui, c’est à la ruée vers les masques que nous assistons ! Déjà, on peut lire dans les fils d’actualité que les grandes puissances utilisent des pratiques agressives et tentent de rafler les commandes de masques à grands frais.  

Pourtant, après le SRAS, la H1N1l’Ebola, et avec l’état des connaissances actuelles, nous avions toutes les capacités et les compétences pour anticiper et nous préparer mondialement à une telle crise sanitaire. Plusieurs experts nous avaient déjà prévenus. Nous avons fait la sourde oreille. Une telle crise nous semblait davantage un scénario de film hollywoodien à gros budget qu’une réalité. 

Espérons que, cette fois, notre intelligence collective nous permettra de tirer les leçons pour l’avenir. Comme nous le rappelle António Guterres, secrétaire général de l’ONU : « Nous devons nous assurer que les leçons sont retenues et que cette crise représente un tournant décisif pour la préparation aux urgences sanitaires et pour l’investissement dans les services publics essentiels du XXIe siècle. » 

Alors que faire? 

Quand la solidarité et la créativité redéfinissent les partenariats de soins 

« Ce dont l’Humanité a besoin face à cette épreuve, c’est de “solidarité” », nous rappelait Ellen Johnson Sirleaf, ex-présidente du Liberia et prix Nobel de la Paix 2011.

Dans cette course contre la montre pour obtenir des équipements adéquats, on assiste à une vague de collaboration et de solidarité sans précédent. Que ce soit des grandes entreprises de parfum (LVMH en France) ou d’alcool (le britannique Diageo, propriétaire de Smirnoff) qui produisent du gel hydroalcoolique. Que ce soit des fabricants sportifs comme Bauer au Canada qui fabrique des visières de protection ou des équipes du CHU Ste-Justine (Québec, Canada) qui fabriquent aussi des visières avec les moyens du bord.  

Face à cette problématique, des équipes soignantes se fabriquent de l’équipement de protection de fortune. « En temps de guerre », il y a place à l’innovation et à la débrouillardise. L’heure est au système D, voire au système 3D. Les imprimantes 3D des particuliers et des entreprises fournissent des pièces essentielles pour les respirateurs, les tisserandes produisent des masques en tissus à profusion. Si les déplacements sont restreints, les informations circulent internationalement, les modèles pour les masques et pour les visières, validés par des hôpitaux, circulent librement sur le net et les hôpitaux appellent à la contribution de tous. 

Les chercheurs s’unissent, les entreprises et les citoyens aident, l’appel à la recherche de solutions innovantes est massif et quotidien. Tout le monde contribue et fait sa part. C’est l’effet colibri! 

La force de notre réseau mondial  

À notre échelle de soignants, nous nous devons également d’apporter une réponse solidaire à cette pandémie. Comment ? 

  • En contribuant à la diffusion des messages de santé publique par tous les canaux de communication (courriels, médias sociaux, téléphones, etc.); 
  • En contrant la désinformation, les mythes et les croyances par la diffusion des savoirs scientifiques à jour et des sources fiables; 
  • En partageant l’expertise et les avancées; 
  • En relayant le plus largement possible les bonnes initiatives citoyennes, industrielles, etc. (voir notre sélection sur la Page COVID-19); 
  • En nous soutenant par des messages d’encouragement et de soutien. 

Nous sommes tous des vecteurs potentiels de l’épidémie, mais soyons avant tout des vecteurs de solutions. 

Tous ensemble contre la COVID-19 !

 

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